Publication : L'actuariel Juin 2017

Aux sources de la rentabilité

Assurance-vie, santé, prévoyance, dommages… où se trouvent les gisements de profits des assureurs ? Quelles sont les activités qui tirent les bénéfices des compagnies ? Comment le secteur de l’assurance opère-t-il pour préserver et même faire progresser ses revenus et sa rentabilité ? Passage en revue de ses différentes activités.

Thomas Lestavel

Malgré l’atonie économique de ces dernières années en France, le secteur de l’assurance se porte bien et ses marges progressent. D’après le dernier rapport de l’ACPR¹, le résultat net de l’assurance-vie a bondi de plus de 30 % en 2015, à 5,3 milliards d’euros, et a affiché un ROE (une rentabilité des capitaux propres) de 11,3 %. L’assurance non-vie, de son côté, a vu son résultat net s’apprécier de plus de 5 %, à 4,4 milliards d’euros, assorti d’un ROE de 5,9 %. Le régulateur n’a pas encore donné son analyse consolidée pour 2016, mais les grands du secteur ont délivré des publications de bonne tenue : bénéfice record pour Axa, résultat net en hausse de 6 % pour CNP Assurances et un profit net qui s’apprécie de près de 8 % chez Allianz France, pour ne citer qu’eux. Le chiffre d’affaires du secteur a néanmoins tendance à stagner, comme l’illustre la faible augmentation des cotisations en 2016 (+ 0,4 %, d’après la FFA²).

Alors, où se trouvent les gisements de profits ? Quelles sont les activités qui tirent les bénéfices des compagnies ? « La santé-prévoyance fait l’objet de toutes les convoitises car elle est très profitable, notamment au regard de son coût relatif en fonds propres Solvabilité II. L’activité dommages reste très concurrentielle et dégage des profits relativement modestes. Quant à l’assurance-vie, ses marges sont sous pression en raison des taux bas », résume Philippe Foulquier, professeur à l’EDHEC et coauteur d’un rapport sur le sujet³.