Publication : Le parisien Économie Lundi 08 Septembre 2014

L’eye-tracking

Les mouvements du regard permettent désormais de contrôler des interfaces. Une petite révolution qui ouvre de nombreuses perspectives...

Flore Mabilleau

Contrôler son ordinateur rien qu’avec ses yeux. C’est désormais possible grâce à l’eye-tracking. Cette technologie – l’oculométrie dans sa version française – vise à enregistrer les mouvements oculaires et l’endroit où le regard se pose, permettant ainsi « d’interpréter des informations de mesure pour les transformer en informations de contrôle » résume Frederick Wehrle, responsable du laboratoire Eye-tracking de l’ICD International business school.

C’est ainsi que le regard peut désormais remplacer la main et la souris devant une interface numérique. Concrètement, votre ordinateur peut par exemple ouvrir une session en reconnaissant votre pupille ou encore, avec un peu d’entraînement, n’importe quelle icône regardée fixement (et plus facilement sous Windows 8, pour le moment). Des applications rendues possibles notamment par de petits boîtiers branchés aux ordinateurs. « Au départ, ce sont des laboratoires de psychologie qui ont travaillé dessus afin de permettre à des personnes handicapés d’interagir par le regard avec un ordinateur » reprend Frederick Wehrle. Mais cette année, une société émanant de l’université IT de Copenhague a lancé la première technologie d’eye-tracking à bas coût : The Eye Tride. « Une révolution dans le secteur » affirme Frederick Wehrle. Depuis, d’autres leaders du marché, comme Tobii, lui ont emboîté le pas. Du coup, « de nombreuses entreprises peuvent réfléchir à intégrer de l’eye-tracking dans leurs produits » ajoute Frederick Wehrle. Certaines dans l’industrie automobile l’utilisent pour détecter la fatigue. Sony teste également l’oculométrie pour sa console de jeu PS4. Et à terme, tous les smartphones et tablettes pourraient être contrôlés par le regard. Samsung a d’ailleurs lancé l’année dernière son Galaxie S4 dont certaines applications – faire défiler une page Web vers le haut ou vers le bas ou encore mettre en pause une vidéo – sont dirigées grâce aux yeux.

L’eye-tracking a aussi des utilisations plus classiques, en marketing par exemple. Grâce à des caméras et de puissants algorithmes analysant en temps réel les mouvements des yeux, l’agence de merchandising cross-canal Cameleon Group teste actuellement cette technologie dans des espaces de vente pour la déployer en 2015. « L’eye-tracking permet d’analyser le regard du “shopper” jusqu’à un “stimuli”, explique le directeur de l’agence Damien Petit. Mais ce n’est qu’un outil parmi d’autres pour décrypter son comportement global. » L’avenir ? Faire démarrer son four ou mettre en marche sa bouilloire, rien qu’avec ses pupilles !

Le chiffre :

99 $ (soit 74 €)

C’est le prix de The Eye Tribe, le premier boîtier bas coût permettant de contrôler un ordinateur par le regard.