Publication : Commodesk Lundi 07 Janvier 2013

Les pétroles non conventionnels

L'exploitation de pétroles non conventionnels est entrain de redessiner la géographie pétrolière mondiale.

Anne-Bénédicte Hoche

Avec la prise en compte de ces pétroles, inexploitables il y a encore quelques années, le continent américain (nord et sud) détient un tiers des réserves mondiales prouvées, se rapprochant du Moyen-Orient, qui en compte un peu moins de la moitié.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production de pétrole conventionnel – pour lequel il suffit, schématiquement, de forer pour faire remonter le pétrole à la surface – a atteint son pic de production vers 2006, ce qui signifie que cette production est amenée à se réduire inexorablement. Depuis, c’est donc l’exploitation de pétroles non conventionnels qui prend le relais. Et ce, grâce au développement de nouvelles techniques et à des cours du pétrole élevés, sans lesquels elles ne seraient pas rentables.

Pour le moment, seule l’Amérique du Nord a développé leur exploitation à grande échelle. Aux États-Unis, ils représentent cette année 2 millions de barils par jour, soit environ 30% de la production totale du pays. C’est grâce à eux, et particulièrement au pétrole de schiste, extrait par fracturation hydraulique*, que le pays parvient depuis 2008 à faire repartir sa production pétrolière à la hausse, après des décennies de déclin.

L’AIE prévoit ainsi que les États-Unis passeront vers 2020 devant l’Arabie Saoudite au premier rang des producteurs mondiaux. Ils pourraient même devenir exportateur net autour de 2030… alors qu’ils sont actuellement le premier importateur mondial et en dépendent pour 40% de leurs besoins.

Ce serait une petite révolution, pour les États-Unis, mais aussi pour le marché mondial. Toutefois, les prévisions sont toujours très incertaines dans le domaine du pétrole. Les volumes effectivement récupérables dépendront ainsi en grande partie des prix.

D’autres pétroles non conventionnels

Outre le pétrole de schiste, d’autres sortes de pétroles non conventionnels, particulièrement présents sur le continent américain, augmentent les réserves pétrolières disponibles, dont :

Les sables bitumineux, exploités au Canada : mélange de sable et de bitume brut, une forme extrêmement visqueuse de pétrole qui nécessite une opération de transformation préalable au raffinage. La technique d’extraction la plus utilisée est celle des mines à ciel ouvert : la surface du sol est retirée pour accéder à la couche de sable. Les dégâts environnementaux, avec notamment la destruction de la forêt boréale, sont conséquents et cette production est très gourmande en énergie.

Le pétrole extra-lourd de la ceinture de l’Orénoque, au Venezuela : lui aussi très lourd et visqueux, ce pétrole peut être pompé dans des puits horizontaux, avec injection d’un diluant. Il est encore très peu exploité mais le Venezuela détient ainsi les plus importantes réserves pétrolières prouvées au monde, devant l’Arabie Saoudite.

* La fracturation hydraulique consiste à déloger du pétrole piégé dans la roche en y injectant sous haute pression un mélange d’eau, de sable et d’additifs chimiques. Cette technique est très contestée pour son impact environnemental.

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