Publication : Le parisien Économie 27 Janvier 2014

Les filières pour travailler dans la propriété industrielle

Alors que la protection du droit d'auteur, des marques ou des brevets prend une place de plus en plus importante, les juristes et ingénieurs spécialistes du secteur ont de l’avenir.

Dominique Angelini

UNE GUERRE DÉCLARÉE DEPUIS QUELQUE TEMPS DÉJÀ

« La guerre de la propriété intellectuelle (PI) est officiellement déclarée depuis quelque temps déjà », écrit l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) en présentant sa dernière étude sur les métiers du secteur, en novembre 2013. Et selon cette même étude, « 65 % des directeurs de ressources humaines et des responsables de la propriété intellectuelle en entreprises peinent à recruter des profils en adéquation avec leurs attentes ».

En 2012, 86 000 marques, 73 400 dessins et modèles et 16 757 brevets ont été déposés à l’INPI. Certains dépôts sont le fait de particuliers, mais l’écrasante majorité est réalisée par des entreprises, soit directement, soit par l’intermédiaire de conseils ou d’avocats. En parallèle, le développement des actions en plagiat ou en contrefaçon confirme l’importance pour les sociétés de faire appel à des spécialistes.

La propriété intellectuelle regroupe de façon globale la propriété industrielle et la propriété littéraire et artistique. Quand la seconde s’attache aux droits d’auteur, la première vise à protéger les brevets d’une part, les marques et modèles de l’autre. Les juristes sont surtout concernés par les marques et modèles. Il s’agit alors de déposer une marque après avoir effectué une recherche d’antériorité, c’est-à-dire vérifié qu’elle n’est pas déjà protégée. Et pendant la durée de la protection, de s’assurer qu’aucune autre entreprise ne l’utilise.

En revanche, les métiers liés aux brevets – rédaction, dépôt, renouvellement… – sont le plus souvent occupés par des ingénieurs, dans la mesure où la technique tient une place importante dans la rédaction ou encore les actions en contrefaçon. « Il existe également des débouchés très importants dans le domaine du licensing, explique Antoine Dintrich, directeur général de l’Institut européen entreprise et propriété intellectuelle. La protection d’un brevet peut coûter assez cher et augmente avec le temps. Concéder des licences permet aux entreprises de valoriser leurs brevets. »

En termes de formation pour les juristes, plusieurs universités comme Paris 2, Nantes, Montpellier, Sceaux… proposent des masters 2 en propriété industrielle accessibles après une formation juridique. L’école de droit de Sciences Po Paris organise également un master 2 en propriété intellectuelle. « La spécificité de la formation est, comme pour l’ensemble des cursus proposés par l’école de droit de Sciences Po, de ne pas être réduite à l’univers juridique, mais d’aborder également l’économie, la philosophie, la géopolitique et la stratégie, détaille Michel Vivant, directeur scientifique du master. Les étudiants acquièrent une vision globale de la brevetabilité. La formation allie théorie et pratique. »

Enfin le Centre d’études internationales de la propriété intellectuelle (CEIPI) de Strasbourg (Bas-Rhin), lié à l’université, forme chaque année 2 500 spécialistes.

Le diplôme obtenu, les juristes travaillent en entreprises mais aussi dans les cabinets d’avocats. Il est également possible de devenir conseil en propriété industrielle (CPI). Cette profession réglementée demande, en plus du master 2, trois années d’expérience professionnelle, puis de passer un examen professionnel organisé par l’INPI. Côté rémunération, les salaires tournent autour de 2 500 euros brut pour un débutant mais pour les CPI qui disposent déjà d’une expérience professionnelle, les revenus côtoient les 60 000 euros par an.

EN SAVOIR PLUS

 

À LIRE

– Les métiers du droit et de la justice, collection Parcours Onisep, 2011 216 pages. 12 euros

– Faire du droit son métier, Antoine Teillet, Yves Pariot, Studyrama, juillet 2013, 200 pages. 15 euros

À VISITER

– L’association des juristes en propriété intellectuelle de Sciences Po : www.sciences-pi.fr

– Le site de l’Institut de la propriété intellectuelle (Inpi): www.inpi.fr

– La compagnie nationale des conseils en propriété intellectuelle (CNCPI) : www.cncpi.fr