Publication : Le parisien Économie 02 Février 2015

Les entreprises de service du numérique à la recherche des nouveaux profils

Florence Puybareau

« Un gros travail de recrutement à effectuer »

L’AVIS DE … Guy Mamou-Mani, président du Syntec numérique

Pourquoi le numérique créé-t-il beaucoup plus de nouveaux métiers que d’autres industries ?

Parce que nous sommes dans un secteur où l’évolution est très rapide avec des technologies qui changent extrêmement vite. L’enjeu pour les entreprises du numérique est de pouvoir tenir ce rythme. Dans ces nouveaux métiers qui n’existaient pas il y a quelques années comme les Data Scientist, nous constatons des pénuries. Les entreprises se les arrachent. Mais il y a des paradoxes puisque notre industrie compte 40 000 chômeurs alors que chaque année, il y a plus de 35 000 offres d’emplois sur le marché et une création nette de plusieurs milliers d’emplois.

Comment résoudre cette inadéquation entre l’offre et la demande ?

Différentes initiatives sont prises par les parties prenantes. D’abord pour la formation initiale. Ainsi le Syntec numérique lance avec HEC une chaire sur l’Internet des objets. C’est une discipline qui démarre et qui va créer de nouveaux métiers. Nous avons également proposé un plan de formation car s’il y a beaucoup d’écoles d’ingénieurs en France, elles ne sont pas suffisamment remplies et surtout n’attirent pas les filles. Là aussi, il y a un gros travail de recrutement à effectuer. Nous travaillons également avec Pôle emploi pour sélectionner des chômeurs et les accompagner vers ces nouveaux métiers. En 2014, 900 chômeurs ont ainsi été formés et recrutés par les entreprises membres du Syntec numérique.

Ces nouveaux métiers ne concernent-ils que les ingénieurs/informaticiens ?

Non pas du tout. Et on l’ignore souvent. Le numérique ouvre des perspectives à des gens qui ne viennent pas de l’informatique comme la sociologie, le design, le droit… Elles vont nécessiter des profils très variés et c’est aussi un grand intérêt de ce secteur de pouvoir attirer de multiples talents.


 

LES CHIFFRES

93,6% de CDI :

L’industrie des ESN n’a pas été épargnée par la crise économique. Néanmoins, elle a renoué avec la croissance en 2014 (+1%) et selon le Syntec numérique cela devrait se confirmer en 2015. Par ailleurs, pour attirer les candidats, le syndicat professionnel met en avant la solidité du secteur qui comprend 69% de cadres, et 93,6% de CDI.

36 000 :

Ce sont les emplois nets qui devraient être créés dans les cinq prochaines années, principalement dans les métiers des technologies émergentes (Big Data, cloud computing, systèmes embarqués), ou soumis à des évolutions de marché ou d’environnement (développement web et mobile, web design, community manager).

LEXIQUE

Data Scientist : il établit des méthodes permettant de collecter, de stocker, d’analyser de fortes volumétries de données à des fins transactionnelles ou décisionnelles.

Web Designer : il est chargé de réaliser les pages d’un site Web et de créer des éléments graphiques (illustrations, création de bannières, animation…).

Community Manager : il identifie les médias sociaux externes qui parlent de l’entreprise afin de développer la notoriété et la marque. Et il contribue à la création d’espaces d’échange dédiés à l’entreprise (FaceBook, Blogs, Twitter, YouTube…).

Retargeting/reciblage publicitaire : c’est une technique qui consiste à adresser un message à un internaute qui a quitté le site d’un annonceur pour le faire revenir.