Publication : Commodesk Janvier 2013

Le gaz naturel

Soutenue par de nouvelles filières de production, la consommation mondiale de gaz naturel croît à une vitesse de croisière moyenne de 3% par an.

Jacques Farine

La perspective d’un pic gazier mondial, comparable à celui du pétrole, s’est éloignée ces dernières années avec le développement de nouvelles techniques d’extraction par fracturation hydraulique qui ont augmenté considérablement les réserves disponibles. En effet, les gaz dits « non conventionnels » comme le gaz de schiste ou le gaz de houille n’ont de « non conventionnel » que leurs origines et leurs méthodes d’extraction. Leur nature, elle, diffère peu du gaz naturel traditionnel.

Aujourd’hui, 25 % de la consommation énergétique globale provient du gaz naturel. Deuxième énergie la plus consommée après le pétrole, il est utilisé pour le chauffage, la production d’électricité et l’industrie. Il a des avantages de taille sur le pétrole : sa combustion est moins polluante, il est moins cher et ses réserves sont mieux réparties.

Son inconvénient majeur est lié aux contraintes de transport. Jusqu’ici essentiellement transporté par gazoduc, moyen peu flexible, demandant de lourds investissements sur du long terme, ce problème tend à s’estomper avec l’essor du GNL, le gaz naturel liquéfié.

Les gaz non conventionnels, en particulier le gaz de schiste, ont permis aux États-Unis d’augmenter de 19% leur production ces cinq dernières années, et de plus de 50% leurs réserves prouvées sur 10 ans. Les compagnies énergétiques prospectent activement ce type de gisements dans le monde entier, ce qui pourrait conduire à une augmentation considérable des ressources disponibles comme de la production dans les prochaines années.

Cependant, ces gaz non conventionnels, notamment les gaz de schiste, sont très contestés en raison de leurs impacts environnementaux : leur extraction consiste à fracturer la roche en sous-sol à l’aide d’eau sous haute pression et de produits chimiques polluants pour les nappes phréatiques. La poursuite de leur développement dans d’autres régions du monde dépendra des choix politiques autorisant ou non ces techniques mais également de la capacité des industriels à mettre au point d’autres méthode d’extraction, moins polluantes, comme le proposent aujourd’hui certaines firmes qui utilisent, pour extraire les gaz et les huiles non conventionnelles, la technologie de stimulation au… propane.

Depuis une dizaine d’années, la consommation mondiale de gaz naturel croît à une vitesse de croisière moyenne de 3% par an. Les nouvelles filières de production contribuent à cet excédent qui pèse naturellement sur les prix. Ainsi, entre début 2010 et fin 2011, les cours du gaz naturel à New York ont chuté pour passer de près de 8 dollars (6 euros) à 3 dollars (2,26 euros) alors que sur la même période, ceux du pétrole progressaient de plus de 20%.

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