Publication : Commodesk Lundi 08 Avril 2013

L’avoine, le parent pauvre des céréales

Bien que modeste au regard des autres céréales, l'Avoine tient toujours une place de choix sur les marchés internationaux.

Jacques Farine

Originaire d’Asie mineure, implantée ensuite en Europe de l’Est et du Nord, l’avoine est une céréale robuste qui, s’adaptant à tous types de sols y compris pauvres et acides, fut longtemps très utilisée dans l’alimentation humaine et animale.

Pour l’alimentation humaine, elle concerne surtout aujourd’hui les flocons, le gruau, ou le porridge, des préparations qui trouvent leurs origines dans la culture anglo-saxonne ou du nord de l’Europe. L’avoine rentre également dans l’élaboration de certaines pâtes à pain ou de biscuit ainsi que dans la brasserie. Néanmoins, et même si son usage pour l’alimentation humaine a tendance à progresser du fait notamment de supposés bienfaits pour la santé, celui-ci reste relativement marginal. On estime ainsi qu’aux Etats-Unis, pays où la consommation humaine est particulièrement développée, les deux tiers de l’approvisionnement sont encore destinés à l’alimentation animale, soit sous forme de grains (volaille) soit sous forme de fourrage (chevaux, ruminants…).

Le premier producteur d’avoine est l’Union européenne, à l’origine chaque année de l’ordre d’un tiers de la production mondiale, suivie de la Russie et du Canada, mais les deux premiers consomment l’essentiel de leur production. C’est donc le Canada qui est le premier exportateur, essentiellement à destination des États-Unis qui concentrent près des trois quarts des importations mondiales pour leurs propres besoins ou pour transformation puisqu’une partie de ces achats est ensuite réexpédiée en Amérique latine après avoir été transformée en gruau.

Le commerce international concerne ainsi environ 10% des récoltes mondiales dont la production s’est relativement stabilisée depuis le début des années 2000, aux alentours de 25 millions de tonnes, après une chute continue depuis les années 1970, où elle s’établissait à plus de 50 millions de tonnes par an. La motorisation de l’agriculture et la disparition des chevaux de trait, dont l’alimentation constituait son principal débouché, sont sans doute à l’origine de la considérable diminution de sa production.

Une céréale sensible

Bien que les enjeux économiques de l’avoine soient marginaux au regard des autres céréales (19,86 millions de tonnes d’avoine produites en 2010-2011 pour 827,5 millions de tonnes de maïs, 648,19 millions de tonnes de blé et 450,37 millions de tonnes de riz),  ses cours restent très soutenus depuis plusieurs saisons du fait de faibles récoltes des principaux producteurs (Europe, Russie et Canada). Des stocks particulièrement bas (à peine 3 millions de tonnes), ajoutés au fait que l’avoine est également utilisé comme substitut d’autres céréales dans l’alimentation animale, ont fait  fluctuer ses cours entre 300 et 420 US cents le boisseau* (entre 136 et 190 euros la tonne) durant l’hiver 2010-2011 et ont atteint 428,50 US cents le boisseau (193,85 euros la tonne), un record historique, le 14 mars dernier.

* 1 boisseau US d’avoine = 17,236 kg

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