Publication : Le parisien Économie 5 Octobre 2015

Et pourquoi pas les comptes à terme ?

Ces produits méconnus permettent de bénéficier d’une rémunération fixée à l’avance. Une alternative parfois intéressante, pour compléter les placements traditionnels dont les rendements sont en baisse.

Marie Nivas

L’été n’aura guère souri aux épargnants. Pour la première fois depuis sa création en 1818, le sacro-saint Livret A (ainsi que le LDD, livret de développement durable) aura vu sa rémunération franchir, à la baisse, le seuil symbolique des 1%. Les sommes déposées ne bénéficient plus que d’une rémunération de 0,75%, en vertu des règles de réajustement de la rémunération du livret. Et encore : si la règle avait été strictement respectée, le taux du livret A ne serait plus rémunéré qu’à 0,5%. Des montants dérisoires qui incitent de plus en plus de Français à laisser « dormir » leur argent sur leur compte à vue, dont les encours ne cessent d’augmenter. 
Dommage ! « Quand vous laissez de l’argent sur votre compte courant, vous enrichissez votre banquier », regrette Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne (lire interview).
Alors, que faire de ses économies ? Les comptes à terme, relativement peu connus, peuvent dans certains cas être un bon recours. Comme leur nom l’indique, ces produits permettent de placer une somme, en une seule fois (un seul dépôt initial), et de bénéficier d’une rémunération fixée à l’avance par contrat, qui ne varie donc pas la hausse, mais qui ne risque pas de varier à la baisse non plus (lire Comment ça marche ?). Actuellement, les taux proposés sur les comptes à terme varient, selon les établissements, de 0,35% à 2,60%. Attention : il s’agit d’un taux brut, les intérêts étant soumis à l’impôt.
Pas de quoi faire fortune, donc. Mais comme la durée de placement sur ces comptes peut atteindre plusieurs années (jusqu’à 60 mois, soit 5 ans) ils peuvent être une bonne manière de protéger ses économies d’une nouvelle baisse du livret A, qui pourrait survenir si l’inflation reste à son niveau actuel. Bien entendu, cet avantage se double tout de même d’une contrainte : une fois déposé, l’argent est bloqué jusqu’au « terme » du contrat, lui aussi fixé à l’avance. Les retraits anticipés font, en règle générale,  l’objet de pénalités. Ces produits ne sont donc à utiliser que pour placer de l’argent dont on est certain de ne pas avoir besoin, où que l’on réserve pour un usage particulier : financement d’un voyage, d’une nouvelle voiture, des études, d’un mariage… Pour ceux qui auraient tendance à être plus cigales que fourmi, c’est une excellente façon de conserver un petit pécule sans être tenté de piocher dedans ! Bien évidemment, ces comptes sont totalement sécurisés et ne présentent aucun risque de perte en capital.
Pour « booster » un peu le produit, les banques sont nombreuses à proposer des comptes à terme « progressifs ». Dans ce cas, plus la durée de placement est longue, plus le taux d’intérêt servi augmente. Certaines banques proposent aussi des comptes à terme couplés à d’autres produits d’épargne, comme un Plan d’épargne logement (PEL) : l’argent placé sur le compte alimente automatiquement le PEL en bénéficiant d’une rémunération garantie. Au bout de quatre ans, il bascule vers un PEL et le titulaire peut bénéficier des avantages afférents. Double avantage de la formule : ce compte couplé permet de s’affranchir de la contrainte des versements réguliers du PEL, et il est généralement mieux rémunéré. En revanche, les retraits partiels ne sont pas possibles.
Pour bien choisir son compte à terme, il importe de connaître la somme que l’on souhaite placer, car la plupart des banques imposent un montant minimal, variable selon la durée de placement choisie. Celui-ci peut attendre 5000 euros, voire 7500 euros pour les comptes à échéance de 60 mois. Mieux vaut donc bien se renseigner et faire le tour des établissements avant de se décider pour placer son argent dans les meilleures conditions.