Publication : Le parisien Économie 21 Septembre 2015

Comment emprunter après 50 ans ?

Anne-Lise Defrance

TÉMOIN

Colette Massin, 57 ans, Paris

« J’ai dû opter pour une autre solution »

Colette Massin a 57 ans, envisage de travailler à son poste de cadre dans la recherche et les biotechnologies encore au moins 8 ou 10 ans et gagne plutôt bien sa vie, 90 000 euros brut annuels. Mais, malgré ce profil a priori idéal, son parcours d’acquéreur immobilier n’a pas été de tout repos. « Je souhaite acheter un nouvel appartement et ma banque -chez qui je suis cliente depuis plus de 25 ans !- ne m’a pas franchement soutenue dans ce projet, explique-t-elle. Mon conseiller m’a bien proposé une offre de crédit mais à des taux bien plus élevés que ceux du marché et avec des frais d’assurance prohibitifs, qui doublaient le coût total du prêt. J’ai donc dû faire la tournée des banques. » Mais, sans plus de succès. « Toutes calculent que mes revenus devraient baisser de 30% quand je serai retraitée et réalisent leurs simulations en intégrant cette baisse à mes revenus actuels. Elles ont tout fait pour me décourager. Or, je voulais acheter vite et emprunter la totalité du montant dont j’ai besoin sans apport. Mais compte tenu de ces propositions si décevantes, j’ai finalement opté pour une autre solution. » Colette Massin a ainsi pu acquérir le nouvel appartement qu’elle visait à Montrouge (Hauts-de-Seine) grâce à la souscription d’un crédit relais. « La contrepartie est que je dois vendre mon premier bien d’ici deux ans. Si je ne parviens pas à le faire, je serai obligée d’hypothéquer le nouveau ou de le revendre. C’est assez stressant. Et la banque m’a proposé cette option uniquement parce qu’elle savait que j’achetais pour plus petit et en dehors de Paris. » Même en passant par un crédit relais, Colette Massin n’échappe pas aux exigences et aux contrôles des assureurs. « Pour décrocher ce crédit, j’ai dû subir une kyrielle d’examens médicaux très poussés visant à vérifier mes divers taux de cholestérol, diabète… J’ai fait plusieurs prises de sang, un électrocardiogramme, j’ai dû certifier sur l’honneur que je n’avais pas été hospitalisée ni malade depuis 10 ans. » Un parcours du combattant qu’elle juge aussi stressant que dévalorisant mais qui s’achèvera définitivement dans quelques mois… si elle réussit à vendre son premier bien !