Publication : Le parisien Économie 21 Septembre 2015

Comment emprunter après 50 ans ?

Anne-Lise Defrance

AVIS D’EXPERT

Gérard Desbois

Président de la plate-forme Serenalis, groupement de conseillers en gestion de patrimoine indépendants

« Ne pas avoir à assumer de mensualités après la fin de sa vie active »

Passé la cinquantaine et pour optimiser sa stratégie patrimoniale, le recours à un prêt est-il une bonne idée ?

Le but de toute stratégie patrimoniale cohérente est notamment de se constituer des revenus complémentaires au moment de sa retraite. Or, le remboursement d’un prêt durant cette période va à l’encontre de cet objectif. Le recours à l’emprunt ne s’avère donc judicieux que pour les particuliers encore en activité pour une durée d’au moins sept à huit ans. Cette limite temporelle peut néanmoins être repoussée de deux à trois ans pour certains chefs d’entreprise. En effet, ceux d’entre eux qui savent d’ores et déjà qu’ils vendront leur société pour partir à la retraite prennent moins de risques à souscrire un crédit tardivement.

Dans quelle mesure ?

Disposer d’une entrée d’argent conséquente via la cession de leur entreprise leur permettra de rembourser de manière anticipée leur prêt. Et donc, de ne pas avoir à assumer de mensualités après la fin de leur vie active. Mieux encore, cela leur donne plus de choix quant à la nature de leur emprunt. Alors qu’un salarié a effectivement tout intérêt à opter pour un crédit amortissable afin de rembourser chaque mois une part du capital, un chef d’entreprise peut privilégier un crédit in fine pour ne s’acquitter mensuellement que des intérêts de son prêt. Or, ceux-ci étant déductibles des revenus fonciers, cette stratégie lui assure en plus de payer moins d’impôt.

Emprunter via une SCI plutôt qu’en direct est-il intéressant pour les plus de 50 ans ?

Pas vraiment ! Car ce n’est pas parce qu’un particulier achète et donc, emprunte, à travers une Société Civile Immobilière que cela change quoi que ce soit à l’étude de son dossier par la banque, au sens où les établissements bancaires demandent les mêmes garanties à leurs clients que ceux-ci soient associés ou non au sein d’une telle société. Autrement dit, pour les personnes ayant passé le cap de la cinquantaine, la question de l’assurance emprunteur se posera de la même manière. Si elles sont difficilement assurables en direct, elles le seront tout autant dans une SCI. Et, sans assurance, il sera toujours compliqué pour elles d’obtenir un prêt.