Publication : Le parisien Économie 21 Septembre 2015

Comment emprunter après 50 ans ?

Anne-Lise Defrance

Difficile de convaincre une banque de financer son projet immobilier une fois le cap de la cinquantaine passé ? Pas forcément car, contrairement aux idées reçues, l’âge n’est pas un critère rédhibitoire pour les établissements bancaires…. à condition toutefois que le candidat à l’emprunt trouve une assurance emprunteur prête à rembourser à sa place son crédit en cas de décès ou d’invalidité. « L’approche de la retraite et donc la baisse de revenus qui en découle peut complexifier l’accès au crédit au sens où la situation financière du particulier en question est appelée à changer dans les années à venir. Pour autant, si leur dossier ne présente pas les mêmes arguments que celui d’un client trentenaire ou quadragénaire, les plus de 50 ans ont d’autres atouts dans leur manche », insiste Cécile Roquelaure, directrice des Etudes du courtier en crédits Empruntis. A commencer par un apport personnel généralement supérieur. « Compte tenu de leur parcours antérieur, ils disposent d’une épargne souvent plus importante que leurs cadets. Et peuvent à ce titre apporter davantage que les 10% couramment réclamés par les banques lors de l’étude d’un plan de financement », détaille Ulrich Maurel, président fondateur d’Immoprêt, société de courtage en prêts immobiliers.

Mais, pour faciliter l’acceptation de leur demande de prêt, les seniors doivent surtout rassurer leur interlocuteur. Et pour cela, rien de mieux qu’un dossier méticuleusement préparé. « Il leur faut faire doublement leurs preuves quant à leur capacité de remboursement », prévient Cécile Roquelaure. « Car, à la différence d’un emprunteur plus jeune qui a toute sa carrière professionnelle devant lui, ils ne peuvent pas arguer de perspectives d’évolution de revenus. En revanche, ils peuvent faire valoir la diminution de certaines de leurs dépenses au moment de leur passage à la retraite à l’image des frais de déjeuners, de déplacements ou d’habillement ». D’où l’importance pour eux de présenter à leur établissement bancaire non seulement leurs ressources actuelles mais également une simulation de leur pension à venir, ainsi qu’une anticipation de leur reste à vivre en cas d’accord de prêt.

Autre point essentiel : la valorisation du patrimoine déjà constitué. « L’idée pour les plus de 50 ans est d’attester de leur stabilité financière aux yeux de leur banque. Le fait par exemple d’indiquer posséder un ou plusieurs contrats d’assurance-vie, un portefeuille boursier, différents comptes épargne ou même un autre bien immobilier offre à un établissement prêteur une garantie supplémentaire en cas de défaillance de remboursement », souligne Ulrich Maurel. Et, parce que la décision finale reste malgré tout une question de négociation, la mise en avant de contreparties peut finir de faire pencher la balance en leur faveur. « Suggérer qu’en cas d’accord de prêt, ils transféreront tout ou partie de leurs avoir au sein de la banque et/ou y ouvriront un ou plusieurs comptes au nom de leurs enfants ou petits-enfants suffit parfois à remporter la mise », sourit Cécile Roquelaure. Le privilège de l’âge…

CHIFFRE

135 935 euros : c’est le montant que les plus de 50 ans ont emprunté en moyenne, en 2014, pour financer leur projet immobilier, en 2014. La durée moyenne de ce prêt était de 12 ans et 7 mois.

(Source : Empruntis)

EN SAVOIR +

A lire

« Vademecum de l’immobilier », de Colette Sabarly et Eric Truffet, éds. Franel, avr. 2015, 134 pages. 39 euros.

« J’achète une maison ou un appartement : tout ce qu’il faut savoir », de Philippe Chavanne, éds. First, mars 2015, 153 pages. 3 euros.