Publication : France Défi / Le Parisien Économie 08 Février 2016

Bureaux à énergie positive : quand déménager c’est innover

Axens comptait parmi les premières entreprises à investir l’ilot Hikari. Elle témoigne des avantages de ce bâtiment révolutionnaire.

Marion Perrier

À Lyon (Rhône), l’équipe d’Axens, cabinet d’expertise comptable membre du groupement France Défi, vient d’investir 450 m² de bureaux d’un nouveau genre. Depuis fin novembre, ils ont emménagé dans un des trois immeubles de l’îlot Hikari, sorti de terre dans le quartier en pleine mutation de la Confluence. Mêlant commerces et logements aux bureaux, cet ensemble dit « à énergie positive » est ainsi conçu pour consommer 1400 MWh par an… et en produire environ 0,2 % de plus.

Les secrets de cette prouesse ? L’architecture des bâtiments, pensée pour bénéficier au maximum de la luminosité et de la ventilation naturelles, mais aussi l’utilisation de cellules photovoltaïques en façade et sur les toits, de la géothermie pour rafraîchir les locaux en été et d’une centrale à cogénération à base d’huile de colza. Mais l’optimisation du bilan énergétique repose également sur un suivi et une rationalisation constante des consommations.

« C’est révolutionnaire, assure Raphaël Odin, expert-comptable associé d’Axens. Quand on rentre dans nos bureaux, il n’y a pas d’interrupteur, la levée des stores, la lumière et le chauffage se mettent en route et s’éteignent automatiquement grâce à des capteurs de luminosité et de présence. »

LES OPPORTUNITÉS COMBINÉES DE L’ÉNERGIE POSITIVE ET DU SITE

Le cabinet a été séduit tant par l’emplacement géographique que par la démarche de développement durable propre à ce bâtiment. D’autant que son investissement ne présentait pas de surcoût par rapport à d’autres solutions. « Nous avons prospecté également dans le secteur de la gare de la Part-Dieu et retenu quatre projets. Finalement, les bureaux à Hiraki se situaient dans une fourchette de prix au mètre carré comparable, tout en bénéficiant à nos yeux d’un réel potentiel patrimonial », souligne Raphaël Odin. « Le projet a bénéficié de financements de l’Union européenne et du Nedo, l’équivalent japonais de notre agence pour la maîtrise de l’énergie, et le promoteur a pris à sa charge une partie des investissements pour rester dans les prix du marché », explique Anna Vidal Andujar, directrice de l’immobilier d’entreprise Sud Est chez Bouygues Immobilier.

Pour les occupants de ces bureaux, l’intérêt ne réside pas seulement dans la jouissance d’un espace de qualité ou dans l’opportunité que cela représente en termes d’image. Le bâtiment devrait à terme leur permettre de bénéficier de charges moins importantes. « Chauffage, climatisation et électricité sont compris dans les charges de copropriété et leur coût global permet en moyenne une économie de 50 % par rapport à une solution standard même si on s’attend à ce qu’il y ait besoin de quelques ajustements », confie Raphaël Odin. « Il ne faut pas confondre énergie positive et énergie gratuite. Faire fonctionner la centrale à cogénération a un coût et dans le contexte actuel de baisse du pétrole, il n’est même pas certain que ce soit aujourd’hui une énergie meilleure marché. Mais ce le sera à terme », concède Anna Vidal Andujar. Pour les entreprises désireuses d’emménager dans ce type de locaux, de nouveaux projets voient le jour en région parisienne comme à Lyon, où des espaces sont proposés à la location pour 220 € hors taxes et charges le mètre carré.

En savoir plus :

Le site de Bouygues Immobilier dédié aux bureaux à énergie positive : www.green-office.fr