Publication : L'actuariel Octobre 2015

L’assurance-vie au défi des taux bas

Séverine Guignard

Ultimate Forward Rate : atténuateur ou menace ?

Pour calibrer les scénarios économiques, un taux fixe à très long terme est nécessaire. Solvabilité II a donc prévu un taux forward ultime (UFR) et l’a fixé à une période où les taux étaient encore élevés. L’UFR pour la devise euro est ainsi de 4,2 %. Cela atténue significativement l’impact des taux bas dans la projection des engagements de très long terme. Ce taux est-il pour autant gravé dans le marbre ? À court terme, certainement. Mais des réflexions autour de la question s’ouvrent. « Le niveau actuel de l’UFR suscite beaucoup de questions et ce n’est pas très sain », observe Guillaume Alabergère. Problème : les best estimate des engagements longs y sont très sensibles. Si les taux restaient durablement bas et que le superviseur européen révisait l’UFR, l’impact serait loin d’être neutre sur les bilans des assureurs-vie.